" La fin des métarécits est don de l’être dans la forme de la dissolution, de l’affaiblissement, de la mortalité. Mais non pas de la décadence, car il n’y a aucune structure haute, idéale et fixe dont l’histoire aurait déchu ", note le philosophe italien Gianni Vattimo, qui qualifie par ailleurs l’œuvre d’art contemporaine d’ " exercice de mortalité ".
Cité par Elisabeth Wetterwald dans son texte " Le prozac et la cigüe "
Renseignements pris...
Gianni Vattimo (a écrit)
Les Aventures de la différence
Traduit de l’italien par Pascal Gabellone, Jacques Rolland et Riccardo Pineri
Avant-propos de Jacques Rolland
Collection " Critique ", 208 pages
1985
13,26 €
ISBN : 2.7073.1049.2
Petit résumé :
La pensée s’exerce ici avant tout comme lecture – de Nietzsche et de Heidegger principalement – qui tâche de dégager chez les penseurs ce qu’ils offrent de plus engageant à la pensée. Chez le premier, la critique du sujet métaphysique et de sa quête effrénée du fondement ; chez le second, le démenti infligé à la présence dans sa prétention péremptoire ; dans le jeu des deux, l’enjeu de la " fin de la métaphysique " : l’événement d’un être qui ne se laisse plus penser comme présence, stabilité, fondement absolu, mais comme retrait et abîme, qui se donne comme temps et laisse paraître son lien essentiel à la finitude de l’homme, à sa mortalité. À cet être libéré des catégories " fortes " imposées par la métaphysique doit correspondre une pensée essentiellement respectueuse qui, sous le titre de " pensée faible ", ouvre ici, dans le fil d’une méditation sur la différence, le chemin de son aventure.
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"Il pensiero debole" : cette expression du philosophe italien Gianni Vattimo qui aura (presque…) fait florès -ni pensée molle ni, comme trop souvent traduite, pensée faible-, on souhaiterait l’entendre en ouverture d’écoute, première clé de la conversation enregistrée-composée par Riccardo Del Fra et Michel Graillier.
"Pensée souple" ou, mieux, "pensée ductile" : ce serait la véritable traduction. Ni faiblesse ni mollesse, là ; et de la pensée, constamment. Dans l’esprit de Vattimo, pour qui il s’agissait de "décatégoriser" le geste philosophique, de le tenir, dans la fin même de son efficience, à l’écart de la logique systématique ; dans Soft talk, et sans solution de continuité : tous deux, Riccardo Del Fra, Michel Graillier, tous deux ensemble nous disant combien le dialogue vrai est loin de la déclaration, à l’écart des logiques avérées, combien il se joue dans l’acte et, dans l’acte, est une pensée. Combien il importe de s’attacher -ou revenir à- des questions presque tenues, dans l’aujourd’hui consumériste, pour molles, ou débiles… Par exemple celle, vieille et sans doute considérée comme telle (obsolète ou ringarde selon les degrés lexicaux du Moderne), du choix des notes.
Christian Tarting pour Chronicart.com